Interview de Fabien Snauwaert, auteur, polyglotte et voyageur

Je suis heureux de pouvoir interviewer Fabien Snauwaert, l’auteur de plusieurs ouvrages d’apprentissage de langue, car c’est une personne qui a énormément de bons conseils à partager sur l’apprentissage des langues. J’ai récemment découvert les livres de Fabien (grâce à un utilisateur de MosaLingua), et j’ai vraiment apprécié le contenu de ses livres ainsi que le personnage.

CADEAU GRATUIT : Vous pourrez télécharger gratuitement un des livres de Fabien à la fin de cet article !

Fabien est un autodidacte, il est devenu bilingue en anglais, puis a appris le hongrois (une des langues les plus difficiles), puis l’espagnol et le russe. Il a beaucoup étudié les rouages de l’auto-apprentissage des langues, ainsi que la psychologie liée à l’apprentissage et la motivation.

Salut Fabien, merci de m’avoir accordé un peu de ton temps. Pourrais-tu nous parler un peu de toi, pour ceux qui ne te connaissent pas ?

Hello, donc je m’appelle Fabien et je tiens un site d’anglais depuis 2007, après avoir sorti un premier livre sur le sujet. A la base, j’ai appris l’anglais parce que cela m’était utile pour mes passions et mes études, et cela fait au final plus de 10 ans que j’utilise l’anglais tous les jours, aussi bien pour des raisons pros que persos. Cela fait 5 ans maintenant que j’aide les gens à progresser en anglais et j’en profite depuis bientôt 2 ans pour apprendre de nouvelles langues. Il y a toujours de nouvelles choses à apprendre de nouvelles techniques à essayer pour apprendre les langues vivantes. C’est passionnant mais c’est aussi parfois un peu chaotique alors j’essaye de tout tester ou presque et je garde ce qui est efficace.

Tu es en ce moment en Argentine, c’est bien ca ?

argentina-la-boca

Argentina – la boca

Oui, c’est bien ça. J’ai commencé un tour du monde il y a 18 mois et… je ne suis jamais vraiment rentré ! (Rires) Actuellement je suis à Buenos Aires avec quelques amis pour monter un projet. En parallèle, j’en profite pour peaufiner mon espagnol et j’avance toujours sur mes autres langues. Le hongrois que je parle à un niveau honorable et le russe que parle ma copine.

Le plus impressionnant, c’est que tu es devenu complètement bilingue en anglais, avec un accent natif. Parce que ce n’est pas très difficile de se débrouiller dans une langue, mais devenir bilingue, c’est une autre histoire… Comment as-tu fait?

Ce qui m’a permis de devenir bilingue en anglais, c’est d’abord de le pratiquer tous les jours, alors même que je vivais en France et n’avais pas d’amis anglophones dans mon entourage. Il ne faut vraiment pas sous-estimer l’importance de la régularité. Ensuite, d’être prêt à me remettre en cause m’a aussi beaucoup permis d’avancer. L’exemple le plus parlant de cela, c’est qu’à un moment je comprenais énormément à l’écrit mais restais incompréhensible à l’oral. J’ai alors eu la chance de participer à un cours de phonétique à la Fac et j’ai compris à quel point on nous avait mal enseigné les choses à l’école, depuis le début, à quel point ma prononciation était fausse. C’était un peu frustrant sur le moment… (Rires)  Mais cela m’a permis de repartir du bon pied et de rendre la communication avec les natifs possible à l’oral.

Oui, tout à fait d’accord, pratiquer tous les jours est essentiel. Et à l’école, on se concentre trop sur l’écrit… D’ailleurs, tu prends souvent l’exemple de l’anglais dans tes livres, mais tes conseils s’appliquent pour toutes les langues, non ?

C’est vrai que, lorsqu’une stratégie fonctionne, elle fonctionne sur la grande majorité des langues. Tu le sais toi-même avec le principe de mémorisation espacée; c’est aussi efficace quelle que soit la langue. Pour prendre un autre exemple bien concret, je prendrais la phonétique. Acquérir une bonne prononciation, c’est-à-dire une prononciation exacte et facile à comprendre, c’est avant tout un travail sur les muscles. Lorsque l’on a compris cela, on pense à positionner sa langue plus ou moins vers l’avant ou à ouvrir sa mâchoire plus ou moins, à tendre les lèvres ou non et d’autres détails de ce type. Cela permet d’avoir des repères qui sont sous notre contrôle et cela nous fait donc avancer mieux et plus vite, quelle que soit la langue, parce que l’on voit les choses plus clairement. Il y a beaucoup d’autres principes de ce type, qui permettent d’aborder les langues plus naturellement, et donc plus facilement.

Tout cela peut paraitre bien difficile, surtout qu’en général, après avoir passé des années à étudier les langues, on n’est souvent pas vraiment capable de s’exprimer. Aurais-tu des conseils à donner pour ceux qui pensent être “nul en langues” ?

Le premier conseil que je donnerais c’est de ne pas culpabiliser. Si vous avez trouvé les langues ennuyeuses, difficiles ou incompréhensibles jusqu’ici, cela ne veut pas dire que c’est de votre faute, et encore moins que c’est une fatalité. On peut rendre les langues passionnantes en choisissant bien son sujet. On peut rendre les langues faciles en les décomposant en sous-parties simples et en décomposant ces sous-parties elles-mêmes. Il faut faire attention à ne pas donner trop de sens à nos premières expériences, qui ont pour la plupart eu lieu à l’école, qui n’est pas le monde réel. Nous sommes tous faits pour parler des langues, la preuve en est que nous soyons capables d’avoir cette conversation en français pour commencer! Pour acquérir une langue vivante supplémentaire, il faut juste se créer de bonnes conditions, même si on se juge “mauvais”. Cela veut dire : adopter une attitude positive, installer la langue dans son quotidien et puis pratique, pratiquer, pratiquer!… Ce qui est un plaisir lorsque l’on utilise une méthode qui respecte nos goûts et nos envies. Bref, créez-vous un environnement sur-mesures dans la langue! Les progrès suivent forcément lorsque nous combinons tout cela.

 

Oui, encore une barrière qui tombe, personne n’est nul en langue, d’ailleurs, tu en parles très bien dans ton livre “Le don des langues” qui permet d’avoir le bon état d’esprit pour apprendre une langue.

Cela me fait penser à un autre préjugé. Beaucoup de personnes pensent qu’il faut partir vivre dans un pays anglophone pour parler parfaitement anglais. Tu es la preuve du contraire, et tu n’es pas le seul. Alors, quels sont tes secrets pour apprendre et pratiquer une langue si l’on ne peut pas voyager ?

Ahh, le mot “voyage” ! C’est un mot qui fait rêver tu sais, mais c’est aussi un mot piège ! Le voyage c’est la chance de pratiquer si l’on est dedans mais, lorsque l’on est dans notre pays d’origine, cela se transforme souvent en excuse : “j’apprendrais la langue quand je voyagerai…”. La majorité des gens que je connais qui parlent de nombreuses langues les ont apprises de chez eux. Pourquoi? Tout simplement faute de pouvoir voyager autant qu’ils l’aimeraient. Le mieux est donc dans tous les cas de se préparer de chez soi… Apprenez une langue pour votre plaisir (curiosité, envie d’apprendre, envie d’évasion, épanouissement dans le travail…) puis servez-vous de vos voyages pour mettre les choses en pratique puis vous remotiver.

De nos jours, c’est vraiment facile de progresser en langues de chez nous. Pour cela, le meilleur moyen c’est de transformer son environnement. Si je garde l’exemple de l’anglais : écoutez des livres audios en anglais le matin en allant au travail, faites vos recherches sur le Web en anglais et non plus en français, regardez vos programmes télé en anglais sans sous-titres, lisez en anglais pour vous cultiver, configurez votre téléphone en langue anglaise, faites-vous des amis anglophones, même si c’est “juste” sur le Net… C’est un mode de vie qui enrichit le quotidien!

 

Tout à fait. Avec internet, il est très facile de trouver du contenu à “consommer passivement” (films, séries, livres, blogs, etc.), mais je pense que tu seras d’accord avec moi pour dire que la plus grosse difficulté que nous avons en anglais est à l’oral. Tu as des conseils pour ceux qui ont du mal à parler anglais et à se faire comprendre ?

Okay, soyons honnêtes, nous autres, francophones… Nous avons des réputations de cochon en matière d’anglais, tout spécialement à l’oral! Garder un accent léger a du charme et l’accent français est, je crois, le plus populaire dans le monde avec l’accent italien. Cependant lorsque l’on est incompréhensible, que nos interlocuteurs froncent leurs sourcils, lorsqu’il faut répéter et demander de répéter… C’est vraiment une perte d’efficacité, et d’énergie, énorme. Et c’est assez frustrant! Il y  a beaucoup de choses qui jouent sur la compréhension orale, la leur et la vôtre. Le premier et le plus important, c’est la prononciation : être capable de reconnaître les sons les uns des autres et de les articuler. Mon expérience en la matière, c’est que c’est la zone qui permet le plus de progrès pour les francophones. Cela permet de se rendre compréhensible et cela nous aide aussi à mieux reconnaître l’anglais oral. Il s’agit de comparer des sons proches mais différents les uns aux autres pour mieux les distinguer et savoir précisément comment les articuler.

Je te donne un exemple qui choque souvent les gens. Quelle est la voyelle dans le mot “love” ? Est-ce que c’est un son “o” comme dans “château”? Est-ce que ce n’est pas un son qui existe déjà en français? La vérité est que c’est un son typiquement anglais qui est le même que dans les mots “come” ou “on” ou “much”. C’est un son comme la voyelle ‘o’ du mot “fort” en français mais où les lèvres sont détendues au lieu d’être arrondies. Un autre exemple, ce serait le mot “of”, comme dans “of course”, qui se termine par un son “v” et non pas par un son “f”. Il y a énormément de petits secrets de prononciation comme cela en anglais, que l’on aurait dû apprendre dès le premier jour mais que l’on ne nous a pas enseigné, et qui font toute la différence sur notre capacité à nous faire comprendre en anglais.

Il y a évidemment d’autres éléments qui jouent, surtout le mélange accent tonique et rythme, et puis l’intonation et les liaisons. Tout cela nous aidera à parler de manière claire et compréhensible et la beauté de la chose c’est que, souvent, juste en prenant conscience que cela existe, et en voyant à quoi cela ressemble, on fait déjà beaucoup de progrès, en plus de se sentir soulagés, parce que l’on comprendre enfin pourquoi il était dur de communiquer à l’oral.

Oui, d’ailleurs, je voulais vraiment te remercier pour ton livre sur l’apprentissage de la prononciation, pour moi, cela a vraiment été une révélation. Franchement, depuis que je l’ai lu, j’entends l’anglais différemment, j’ai découvert des sons anglais dont j’ignorais l’existence. Comme tu l’expliques dans le livre, le cerveau a tendance à filtrer les sons qui ne sont pas necessaires pour le français. Et puis j’ai pris du plaisir à le lire et à répéter les enregistrements. Je pense déjà avoir fait pas mal de progrès en prononciation. Bon, comme beaucoup de français, je pars de loin.. (Rire). Et puis je dois continuer à pratiquer, d’ailleurs, encore merci de m’avoir donné l’autorisation d’ajouter des fiches issues de ton livre pour l’application MosaLingua (prochaine mise à jour). Je sais que cela va beaucoup aider les utilisateurs de MosaLingua qui apprennent l’anglais.

Merci à toi Sam, pour l’interview comme pour les fiches et tes applications. Beaucoup de lecteurs de BilingueAnglais utilisent les applis MosaLingua et ils m’en disent tous beaucoup de bien.

Oui, c’est un de tes lecteurs qui m’a fait découvrir tes livres ! Encore merci Fabien d’avoir partagé avec nous ton expertise, et bonne continuation dans tes voyages !

Voilà, maintenant, je vous conseille vraiment de rejoindre gratuitement les plus de 20 000 personnes inscrites sur le site de Fabien bilingueanglais. Et il offre en cadeau un petit livre bourré de très bons conseils pour reprendre du bon pied l’apprentissage de l’anglais :

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Comments

  1. Génial l’article , je l’envie^^

    Au fait tu pense quoi de verbling? un  » chatroulette » pour les langues?

    • Hello Ben,
      On aime beaucoup Verbling, on en parle depuis le début sur la newsletter de MosaLingua. Moi même je me fait une petite session de temps en temps 😉

  2. Article intéressant du point de vue didactique (comment apprendre) mais qui ne prend pas en compte l’aspect pédagogique (comment enseigner quand on est prof) et c’est le problème de l’apprentissage de la prononciation. Je suis prof d’allemand et quand j’explique à des ados de 14 ans que ce que transcrit « ch » en allemand ce sont deux sons distincts qui n’existent pas en français, les élèves s’ennuient, ça ne les intéresse pas. Mais ce que dit Fabien Snauwaert marche bien avec les adultes.

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