Blog > Anglais > Les symboles de l’Angleterre : la rose, le lion et les idées reçues

Les symboles de l’Angleterre : la rose, le lion et les idées reçues

Luca Mis à jour le 08/09/2026

Une rose, un lion, une croix rouge sur fond blanc, une cabine téléphonique et une tasse de thé. Les symboles de l'Angleterre sont partout, sur les maillots de foot comme sur les boîtes de biscuits, et pourtant la plupart des francophones se trompent sur au moins l'un d'entre eux. Le drapeau que nous appelons spontanément « anglais » n'est pas celui de l'Angleterre, Big Ben n'est pas une tour et le pays n'a même pas d'hymne officiel. Voici ce que chaque symbole raconte vraiment, et le vocabulaire qu'il vous offre au passage pour apprendre l'anglais.

symboles de l'angleterre

À retenir :

  • Le symbole officiel de l'Angleterre est la rose des Tudor, née de la guerre des Deux-Roses.
  • Le drapeau anglais est la croix de Saint-Georges ; l'Union Jack est celui du Royaume-Uni.
  • Angleterre, Grande-Bretagne et Royaume-Uni ne désignent pas la même chose : dites British en cas de doute.
  • Les trois lions des armoiries royales sont devenus le surnom de l'équipe de football.
  • L'Angleterre n'a pas d'hymne officiel : selon le sport, c'est God Save the King ou Jerusalem.

Angleterre, Grande-Bretagne, Royaume-Uni : levons d’abord le malentendu

Impossible de parler des symboles de l’Angleterre sans régler cette question en premier, parce qu’elle explique la moitié des confusions qui suivent. Le français emploie « l’Angleterre » comme un raccourci commode pour désigner tout le pays, alors que l’anglais distingue soigneusement trois réalités qui ne se superposent pas.

L’Angleterre (England) est une nation, celle de Londres, de Manchester et de Newcastle. La Grande-Bretagne (Great Britain) est une île, celle qui réunit l’Angleterre, l’Écosse et le pays de Galles. Le Royaume-Uni (the United Kingdom, souvent abrégé the UK) est l’État, qui ajoute à ces trois nations l’Irlande du Nord. Chacune de ces entités possède ses propres symboles, et c’est précisément pour cela qu’on les mélange si facilement.

Cette distinction a des conséquences très concrètes sur la langue. Un habitant d’Édimbourg est Scottish et British, mais surtout pas English. Un passeport est British, jamais English. Le thé, l’humour et la météo sont volontiers qualifiés de British dans la conversation courante, alors que la rose et les trois lions appartiennent, eux, à la seule Angleterre.

Astuce : retenez la formule par cercles concentriques. England est le plus petit, Great Britain l’englobe avec l’Écosse et le pays de Galles, the UK l’englobe à son tour avec l’Irlande du Nord. En cas de doute dans une conversation, dites British : vous ne vexerez personne, alors que l’inverse n’est pas vrai.

La rose des Tudor, le vrai symbole officiel

Si l’on vous demande quel est le symbole de l’Angleterre, la réponse attendue est la rose, et plus précisément la Tudor rose, la rose des Tudor. Elle se reconnaît immédiatement : une rose blanche posée au centre d’une rose rouge, cinq pétales intérieurs et cinq pétales extérieurs.

Son histoire est un condensé d’histoire anglaise. Au XVe siècle, deux branches de la famille royale se disputent le trône pendant trente ans, dans un conflit resté célèbre sous le nom de Wars of the Roses, la guerre des Deux-Roses. La maison de Lancastre avait pour emblème une rose rouge, la maison d’York une rose blanche. Quand Henri VII, un Lancastre, épouse Élisabeth d’York en 1486, il fusionne les deux fleurs en une seule pour signifier la réconciliation et la naissance de la dynastie Tudor.

Le résultat est ce que la communication politique appellerait aujourd’hui un logo réussi : une image qui raconte une réconciliation sans un mot. Vous la retrouvez aujourd’hui sur les uniformes des gardes de la Tour de Londres, sur certaines pièces de monnaie et, surtout, sur le maillot de l’équipe d’Angleterre de rugby, dont les supporters parlent tout simplement de the Red Rose.

Améliorez votre anglais avec MosaLingua Premium

Essayez gratuitement notre solution tout-en-un pour progresser rapidement

les-symboles-de-langleterre--la-rose-le-lion-et-les-idees-recues-mosalingua

  • mémorisez le vocabulaire utile grâce à une méthode basée sur les sciences cognitives ;
  • améliorez votre compréhension orale avec des vidéos, podcasts et dialogues adaptés à votre niveau ;
  • assimilez la grammaire de façon simple et intelligente ;
  • parlez avec un tuteur IA disponible 24h/24 pour progresser à l’oral.
Je commence gratuitement

Deux drapeaux, deux pays : la croix de Saint-Georges et l’Union Jack

Voici l’erreur la plus répandue. Le drapeau que nous appelons « le drapeau anglais », celui aux bandes rouges, blanches et bleues entrecroisées, n’est pas le drapeau de l’Angleterre : c’est celui du Royaume-Uni.

Le drapeau anglais, lui, est d’une sobriété absolue : une croix rouge sur fond blanc, la croix de Saint-Georges (St George’s Cross). C’est celui que brandissent les supporters de football et qu’on voit flotter sur les églises paroissiales. L’Union Jack, de son côté, superpose trois croix : celle de Saint-Georges pour l’Angleterre, la croix en X blanche sur fond bleu de Saint-André pour l’Écosse et la croix en X rouge de Saint-Patrick pour l’Irlande. Le pays de Galles, rattaché à l’Angleterre bien avant la formation du Royaume-Uni, n’y figure pas, ce qui reste un sujet de frustration outre-Severn.

Petit détail de vocabulaire que les Britanniques adorent rappeler : Union Jack désignait à l’origine le pavillon hissé sur les navires, le terme neutre étant Union Flag. Dans l’usage courant, les deux se disent sans que personne ne s’en offusque vraiment. Si le sujet vous intéresse, nous avons consacré un article entier au drapeau anglais et à ses composantes.

Les trois lions, de Richard Cœur de Lion aux stades

L’animal associé à l’Angleterre est le lion, et il apparaît par trois sur les armoiries royales : trois lions d’or marchant sur fond rouge, que les héraldistes appellent des lions passant guardant. On attribue traditionnellement leur adoption à Richard Ier, le roi que l’on surnomme justement Richard Cœur de Lion, à la fin du XIIe siècle.

Ces trois lions ont connu une seconde vie beaucoup plus populaire. Ils ornent le maillot de l’équipe nationale de football, au point que the Three Lions est devenu le surnom courant de la sélection dans la presse et dans les chants de supporters. Vous entendrez ainsi The Three Lions are playing tonight sans qu’il soit question de zoologie.

À côté du lion, un second animal s’est imposé de manière plus officieuse : le bouledogue. Trapu, têtu, incapable de lâcher prise, il incarne une certaine idée de l’obstination nationale, une image que Winston Churchill a largement contribué à populariser pendant la Seconde Guerre mondiale. L’expression British bulldog spirit s’emploie encore aujourd’hui pour saluer quelqu’un qui refuse d’abandonner.

Saint Georges, le dragon et le 23 avril

Derrière la croix rouge se cache un saint patron au parcours pour le moins international. Saint Georges n’a probablement jamais mis les pieds en Angleterre : la tradition en fait un soldat romain né en Cappadoce, dans l’actuelle Turquie. Sa popularité arrive avec les croisades, et son statut de patron du royaume se fixe à l’époque des Tudor.

La légende du chevalier terrassant le dragon pour sauver une princesse a fait le reste. Elle explique pourquoi tant de pubs s’appellent The George and Dragon et pourquoi le dragon revient sans cesse dans l’imagerie anglaise, alors qu’il est aussi, de manière assez ironique, le symbole du pays de Galles voisin.

La St George’s Day tombe le 23 avril. Contrairement à la Saint-Patrick irlandaise, elle donne rarement lieu à de grandes festivités et n’est pas un jour férié. Les Anglais eux-mêmes vous diront souvent qu’ils l’oublient. Coïncidence savoureuse pour les amoureux de la langue : c’est aussi la date de la mort de Shakespeare, en 1616.

Big Ben, la cabine rouge et les autres symboles du quotidien

Les symboles officiels ne sont qu’une partie de l’histoire. Ceux qui viennent spontanément à l’esprit sont souvent des objets, et chacun cache un petit piège de vocabulaire ou une anecdote qui vaut le détour.

  • Big Ben : contrairement à ce que tout le monde croit, ce n’est pas la tour mais la cloche qui se trouve à l’intérieur. La tour s’appelle officiellement Elizabeth Tower depuis 2012, en hommage au jubilé de diamant d’Élisabeth II.
  • La cabine téléphonique rouge (the red telephone box), dessinée par l’architecte Giles Gilbert Scott, est devenue un objet décoratif plus qu’un téléphone, mais elle reste l’un des emblèmes les plus photographiés de Londres.
  • Le bus à impériale se dit double-decker, littéralement « à deux ponts », et le taxi noir londonien est un black cab, dont le nom officiel reste hackney carriage.
  • Les gardes de la Tour de Londres, ces Beefeaters en uniforme rouge et or, portent en réalité le titre de Yeomen Warders. Leur surnom viendrait de la ration de viande qui leur était allouée.
  • Le thé de l’après-midi (afternoon tea) doit sa naissance, selon la tradition, à Anna, duchesse de Bedford, qui souffrait d’un creux entre le déjeuner et un dîner servi très tard.

Ajoutez à cette liste le pub, abréviation de public house, véritable institution sociale, et le célèbre poster Keep Calm and Carry On. Ce dernier est un cas fascinant : imprimé en 1939 par le ministère de l’Information britannique pour rassurer la population en cas d’invasion, il n’a presque jamais été affiché, puis a été redécouvert par hasard dans une librairie du Northumberland au début des années 2000 avant de devenir un phénomène mondial. Un symbole national né d’un échec administratif, c’est assez britannique comme destin.

L’hymne : le symbole que l’Angleterre n’a pas

Voilà un point que presque aucune liste de symboles ne mentionne, et qui surprend toujours. L’Angleterre ne possède aucun hymne national officiel. God Save the King est l’hymne du Royaume-Uni dans son ensemble, pas celui de l’Angleterre seule.

En pratique, chaque fédération sportive choisit son morceau. Les équipes de football et de rugby entonnent God Save the King. Le cricket a longtemps préféré Jerusalem, un poème de William Blake mis en musique par Hubert Parry. Et aux Jeux du Commonwealth, l’équipe d’Angleterre a adopté Jerusalem à la suite d’une consultation publique organisée en 2010, où ce chant l’a emporté sur God Save the King et sur Land of Hope and Glory.

Ce flottement en dit long sur l’identité anglaise, longtemps confondue avec l’identité britannique et qui ne s’est réaffirmée séparément que récemment, notamment dans les stades. C’est aussi une excellente porte d’entrée pour comprendre les particularismes régionaux, que l’on retrouve jusque dans la langue parlée, comme le montre ce tour d’horizon de l’argot britannique région par région.

Ce que ces symboles vous apportent en anglais

Nous sommes un blog de langues, alors venons-en au plus utile. Chacun de ces symboles a laissé des traces dans l’anglais courant, et les connaître vous évite de rester bloqué au milieu d’une conversation ou d’un article de presse.

  • The Three Lions : l’équipe d’Angleterre de football. The Red Rose : celle de rugby.
  • It’s not my cup of tea : « ce n’est pas mon truc ». L’équivalent le plus courant du thé dans les expressions du quotidien.
  • To keep calm and carry on : garder son sang-froid et continuer, employé aujourd’hui sur un ton souvent ironique.
  • British bulldog spirit : la ténacité qui refuse d’abandonner.
  • John Bull : la personnification de l’Anglais moyen, un gros fermier à chapeau créé au XVIIIe siècle, l’équivalent de notre Marianne en beaucoup moins glorieux.
  • The Tube : le métro londonien, jamais the subway, qui désigne un passage souterrain piéton en anglais britannique.

Par exemple : Are you watching the Three Lions tonight? et la réponse Football’s not really my cup of tea, but I’ll keep you company. Deux symboles nationaux dans un échange de deux phrases, sans que personne n’ait l’impression de parler d’histoire.

C’est aussi pour cela que la culture générale et le vocabulaire progressent ensemble. Une image que vous avez comprise s’accroche à un mot, et ce mot se retient sans effort. Les symboles anglais sont un excellent terrain d’entraînement, parce qu’ils reviennent en boucle dans les séries, les chansons et les gros titres.

les-symboles-de-langleterre--la-rose-le-lion-et-les-idees-recues-mosalingua

Mon avertissement d’anglophone : la faute la plus gênante que je vois les francophones faire n’est pas grammaticale, elle est identitaire. Dire English à un Écossais ou à un Gallois refroidit une conversation en une seconde, alors que British passe partout. Prenez l’habitude de demander Whereabouts in the UK are you from? plutôt que de supposer. On vous répondra volontiers, et vous aurez lancé la discussion du bon pied.

les-symboles-de-langleterre--la-rose-le-lion-et-les-idees-recues-mosalinguaCéline

La prochaine fois que vous croiserez une rose, un lion ou une croix rouge sur un maillot, une pièce ou une affiche, vous saurez exactement de quel pays il est question et pourquoi. Et si vous avez envie de vérifier tout cela sur place, entre deux black cabs et une cabine rouge, notre article sur un séjour linguistique à Londres vous dira si le jeu en vaut la chandelle. Lequel de ces symboles vous a le plus surpris ?